Chapitre 1 : 1 – La peau et ses besoins

Chapitre 1

La peau et ses besoins

Comprendre ma peau

Pour adopter les gestes d’une beauté slow, il est important de bien comprendre la peau en tant qu’organe. Comment se construit-elle ?

Comment évolue-t-elle dans le temps et quels sont ses besoins réels ?

En étudiant sa structure, on peut aisément définir ses besoins essentiels.

On découvre alors qu’il est assez simple d’y répondre en adoptant quelques gestes de beauté simples, toujours naturels et très efficaces.

 

À QUOI SERT LA PEAU ?

La peau est un organe majeur du corps humain. Sans peau, on ne peut en effet pas respirer. Saviez-vous que les grands brûlés décèdent hélas très souvent par asphyxie ? La respiration n’est toutefois qu’une des fonctions

principales de la peau…

En marge de la respiration, les fonctions essentielles de la peau peuvent être décrites en 3 points :

  1. protection,
  2. transmission d’information,
  3. élimination.
  4. Protection

La peau nous protège des agressions physiques et chimiques extérieures.

Son premier rôle est celui d’une barrière impénétrable qui s’adapte au

milieu ambiant pour préserver le bon fonctionnement de l’organisme.

La peau amortit les chocs qui peuvent endommager le corps (coups,

griffes, blessures…). Grâce à son élasticité et à sa structure cohérente, la peau se moule sur les organes sous-jacents et joue un rôle de gaine protectrice.

La peau constitue également un rempart de protection contre le rayonnement ultra-violet (UV) qui serait très dommageable si elle n’était pas là. Les rayons UV peuvent en effet causer de graves brûlures ainsi que des modifications cellulaires néfastes voire morbides (oxydation,

cancer…). Le bronzage est avant tout un filtre naturel anti-UV qui sert à nous protéger. Il ne suffit cependant pas toujours !

Avez-vous remarqué comme votre peau est parfaitement imperméable lorsque l’eau de votre douche ruisselle le long de votre corps ? De même, voyez-vous avec quelle facilité vous pouvez nettoyer la peau lorsqu’elle est souillée par de la terre, de la poussière ou des salissures ? La barrière

cutanée a en effet pour rôle de ne rien laisser passer au travers de la peau. Cette fonction de barrière est la garantie de notre bonne santé. En effet, de multiples agents potentiellement pathogènes (bactéries, microbes…) vivent à la surface de la peau et ne causent aucun dommage à

l’organisme tant qu’ils ne pénètrent pas. Pour assurer ce rôle protecteur, un film composé d’eau et de graisses recouvre la peau : c’est le « film hydrolipidique » généré par les sécrétions de sueur et de sébum. Il se dépose à la surface de la peau et forme un « vernis » très imperméable

dont le pH acide rend la vie des corps pathogènes impossible. Le film hydrolipidique se répand sur l’épiderme, lui-même composé de couches étanches qui limitent les échanges avec l’extérieur. La couche cornée, qui

est la couche superficielle de l’épiderme, est une superposition de cellules très densément liées les unes aux autres par un ciment lipidique, et rien ne

peut passer. Rien ou presque, car il est évident que certains corps peuvent pénétrer la peau si on la met en condition, par exemple en augmentant son taux d’humidité ou en éliminant son film protecteur.

On l’aura compris, la peau est une barrière quasiment impénétrable qui nous protège des agressions extérieures. Rien ou presque ne peut réellement pénétrer la peau. La plupart des ingrédients cosmétiques ont donc un impact très superficiel sur elle. Cela fait réfléchir lors de l’achat

éventuel des sérums miraculeux vendus dans les rayons.

  1. Transmission d’information

La peau est décrite par certains dermatologues comme un cerveau étalé.

De fait, le lien entre peau et système nerveux est très intime. Il est d’ailleurs de plus en plus étudié pour expliquer pourquoi certaines maladies de la peau évoluent sous l’effet du stress. Les personnes souffrant d’eczéma ou de psoriasis savent bien que leurs émotions sont souvent en lien direct avec l’état de leur peau. Les nerfs interviennent à

tous les niveaux de la peau. Par exemple, le système nerveux végétatif intervient dans la régulation de la température du corps. C’est le cas lorsque l’on a la chair de poule suite à un frisson intense. Le but est de maintenir une température stable. S’il fait froid dehors par exemple, le corps saura réagir et une contraction des vaisseaux sanguins limitera les pertes de chaleur.

D’autres types de terminaisons nerveuses interviennent dans le sens du toucher, primordial pour transmettre des informations de survie au

cerveau : douleur ou brûlure génèrent une réaction défensive. Le toucher est aussi capable de générer une sensation de plaisir qui n’est pas sans conséquences sur la production d’hormones… La palette des sensations

est large. Il est d’ailleurs intéressant de noter que toucher et masser la peau d’une façon plaisante a un impact positif sur celle-ci. Les muscles se détendent, la microcirculation est stimulée, la peau nourrie de l’intérieur et le teint plus radieux. Le massage est donc bon pour préserver la santé

de la peau et il constitue un geste de beauté à part entière.

On sait aujourd’hui que la peau est capable de transmettre des informations via les neuromédiateurs afin de faire intervenir le système

immunitaire en cas d’agression. C’est là aussi la preuve du lien intime entre maladie de la peau et état émotionnel.

L’état de notre peau est donc intimement lié à notre état nerveux. En conséquence, on comprendra que se toucher et se masser, respirer et rire, se relaxer et dormir sont les premiers gestes d’une beauté plus saine et plus slow.

  1. Élimination

La peau peut aussi être décrite comme un organe drainant. D’une part,

elle élimine des déchets superflus via la sudation (évacuation de la sueur).

D’autre part, elle sécrète des substances diverses afin de conserver un bon état de fonctionnement.

La sudation permet à la fois de réguler la température du corps et de maintenir l’équilibre de la peau. Son pH acide est un élément important de sa santé car il permet à la peau de se défendre contre les agents pathogènes externes. La sueur est également riche en débris cellulaires prêts à être éliminés.

La peau transpire, mais elle sécrète aussi du sébum. C’est une substance grasse qui se répand à la surface de la peau pour maintenir sa fonction barrière et son imperméabilité. C’est une sécrétion qui protège notre organisme des agents extérieurs, mais aussi de l’oxydation car il est un premier rempart contre les rayons UV.

À retenir

La peau a plusieurs fonctions essentielles pour le corps : protection physique et chimique, maintien de la température, transmission d’informations venant de l’extérieur, excrétion de sébum, de sueur et élimination de déchets.

Ces fonctions doivent être maintenues de façon optimale et les cosmétiques sont là pour les entretenir et non les mettre à mal.

Pensez-y lors de l’achat d’un savon, d’un déodorant ou d’un fond de teint !

La peau est un organe « nerveux ». La masser pour la relaxer, la faire respirer et l’aimer telle qu’elle est sont les premiers gestes de beauté.

À QUOI RESSEMBLE L’ORGANE PEAU ?

La peau est une superposition de couches : épiderme, derme et hypoderme. Ces couches forment une enveloppe souple recouverte de minuscules ouvertures. Ces ouvertures sont les follicules pileux (par lesquels se déverse le sébum) et les pores (par lesquels se déverse la sueur).

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Derme et hypoderme

 

Le derme et l’hypoderme constituent les couches les plus profondes de la peau. C’est à leur niveau qu’a lieu la circulation sanguine de la peau.

Il faut bien comprendre que c’est avant tout grâce à une bonne circulation sanguine que la peau reste saine, jeune et belle. L’épiderme avec lequel nous sommes en contact n’est pas vascularisé mais il est abreuvé en nutriments par diffusion à partir du derme. Pour avoir une belle peau, il

est donc plus important de bien se nourrir, de boire et de s’oxygéner que d’avoir recours à des cosmétiques.

L’hypoderme est une couche constituée de cellules graisseuses : les adipocytes.

Le derme est la couche la plus épaisse de la peau. C’est la plus importante aussi car elle conditionne l’état de la peau et son taux d’hydratation. En effet, le derme est un tissu conjonctif de type aqueux où le sang circule pour y apporter de précieux nutriments. Par ailleurs, on trouve dans le derme les fameuses protéines de collagène et d’élastine,

responsables de la bonne tenue et de l’élasticité de la peau. On peut comparer le derme à un matelas d’eau très perfectionné. Dans ce matelas résistant et élastique, on trouve des ressorts (l’élastine) et de gros fils de laine (les fibres de collagène). C’est la qualité de ce matelas qui

détermine l’état de fermeté de la peau.

À retenir

Le derme et l’hypoderme sont les couches les plus profondes de la peau.

Le derme et l’hypoderme sont vascularisés et donc en grande partie responsables de la nutrition de la peau.

Les substances aqueuses contenues dans le derme sont la seule vraie source d’hydratation de la peau. Il est donc important de boire de l’eau minérale et d’avoir une alimentation saine pour avoir une belle peau.

Épiderme

L’épiderme est la couche superficielle de la peau. C’est une couche assez fine dont l’épaisseur est proche de 100 μm, soit à peine plus qu’une feuille. C’est l’épiderme qui joue le rôle de barrière de protection visà-vis de l’extérieur. C’est aussi sur l’épiderme que nous appliquons nos cosmétiques.

L’épiderme est lui-même composé de plusieurs couches superposées. Au niveau de la couche basale, des cellules vivantes (les kératinocytes) se multiplient constamment. Elles s’empilent alors les unes sur les autres (comme des briques) et leur nature évolue. Au niveau de la couche cornée,

les cellules de l’épiderme ont perdu beaucoup d’eau. On les appelle alors des cornéocytes. Elles sont solidement liées entre elles par un ciment lipidique. Ce ciment va cependant se détériorer progressivement. À la surface de la peau, des cellules presque mortes s’éliminent alors naturellement. On appelle cela la desquamation. Saviez-vous qu’une forte

proportion de la poussière qui recouvre vos sols et vos meubles à la maison est constituée de cellules mortes éliminées par la peau ?

On compare souvent la couche cornée à un mur de briques où les cornéocytes seraient les briques unies par un ciment de type lipidique. On trouve dans ce ciment des acides gras polyinsaturés, des céramides et du cholestérol. La qualité de ce ciment est primordiale car c’est lui qui permet de retenir l’eau dans les cellules cornées et de limiter plus

généralement la perte transépidermique en eau qui est constante.

D’où l’intérêt d’appliquer sur la peau des cosmétiques riches en lipides de qualité, comme les huiles végétales par exemple.

L’eau de notre corps s’échappe !

En effet, de l’eau venue du derme s’évapore constamment. La peau sèche est par exemple typiquement une peau dont la qualité du ciment intercellulaire est faible, et donc qui perd trop d’eau. Il faut savoir que la couche cornée contient environ 13 % d’eau. Si la proportion d’eau baisse, même légèrement, la peau deviendra sèche et rugueuse. L’aspect esthétique de la peau est donc fortement conditionné par la qualité de la couche cornée. Nous verrons dans la

deuxième partie que les huiles végétales et les corps

gras d’une manière plus générale sont de merveilleux alliés pour hydrater la peau indirectement en améliorant la qualité du ciment intercellulaire.

De la naissance des kératinocytes à la base de l’épiderme jusqu’à la desquamation naturelle, le processus se nomme la kératinisation. Elle est constante et prend en moyenne 26 jours chez un adulte sain. Notre peau se renouvelle donc en moyenne tous les mois.

Les peaux matures ont un processus de renouvellement plus lent, pouvant aller jusqu’à 60 jours. C’est ce qui explique qu’elles sont souvent plus sèches et manquent d’éclat. À l’inverse, en cas de psoriasis, le processus

complet ne prend que 6 jours ! On comprend mieux pourquoi les peaux psoriasiques sont parsemées de cellules tuméfiées, rouges, ainsi que de squames blanches très inesthétiques.

À retenir

L’épiderme est la couche superficielle de la peau qui est en contact avec l’extérieur et qui protège la peau.

L’épiderme est composé de plusieurs couches de cellules assez différentes, d’abord bien vivantes et riches en eau puis plus sèches.

En 26 jours environ, l’épiderme sain se renouvelle constamment.

C’est la kératinisation.

La couche cornée est la couche superficielle de l’épiderme. Elle ressemble à un mur de briques.

Le ciment de la couche cornée est de nature lipidique. S’il est de mauvaise qualité (trop pauvre en acides gras), la peau sera sèche et inconfortable ou atopique.

Des poils et de la sueur partout !

Avez-vous remarqué que la peau est parsemée de petits trous (appelés « pores ») ? Depuis la surface de la peau, des pores se prolongent en effet jusqu’au coeur du derme. Ce sont d’une part les follicules pilo-sébacés et

d’autre part les canaux sudoripares.

Les follicules pilo-sébacés contiennent un poil et sont adjoints à une glande sébacée. Ils recouvrent tout le corps, sauf les paumes des mains et des pieds. Ils peuvent parfois ne pas contenir de poil à proprement parler (sur le dos, sur les seins…) mais ils sont toujours là. Ces follicules se prolongent dans le coeur du derme où ils sont vascularisés. La connexion avec le réseau sanguin se fait au niveau de la racine du follicule. Une fois de plus, on comprend l’importance de l’alimentation pour la vie de la peau. La santé des cheveux, des ongles et des poils (les phanères) est en lien direct avec les nutriments apportés par le sang.

Les glandes sébacées accrochées aux follicules pileux produisent du sébum sous l’action des hormones. Le sébum est une substance grasse qui s’écoule le long du follicule et se déverse à la surface de la peau, tout au dessus

de l’épiderme. Le sébum est composé d’acides gras libres, de glycérides oléiques qui lui confèrent sa fluidité, de cires et d’esters supérieurs, de squalène et de cholestérol. Le sébum est donc la phase huileuse du film hydrolipidique (voir plus loin).

Lorsque les glandes sébacées produisent trop de sébum, on parle d’hyperséborrhée. C’est ce qui se passe notamment en cas d’acné. Dans ce cas précis, le follicule pilo-sébacé peut se boucher et provoquer l’apparition de boutons. Notons que la plupart des humains ont une peau

de type mixte ou grasse, mais tout le monde ne souffre pas d’acné. La peau mixte produit plus de sébum sur la zone médiane du visage que sur les joues et les côtés. La peau grasse se caractérise quant à elle par des pores dilatés sur tout le visage et une production importante de sébum sur

l’ensemble de la figure. Ces deux types de peau ne seront sujets aux boutons que si plusieurs facteurs se combinent : une hyperproduction de sébum, la présence de bactéries, une production trop importante de kératine qui bouche les pores puis l’éclatement du follicule pilo-sébacé et

l’inflammation.

Les pores des canaux sudoripares mènent quant à eux jusqu’à la glande sudoripare qui sécrète la sueur. La sueur sécrétée au niveau des poils est jaunâtre et dégage une légère odeur car elle est plus grasse et plus riche en

débris cellulaires. En outre, cette sueur sert de nourriture aux microorganismes présents à la surface de la peau. C’est ce qui explique pourquoi on peut parfois être gêné par l’odeur de nos aisselles.

À retenir

La peau est parsemée de pores qui excrètent de la sueur ou du sébum.

Le sébum s’écoule par les follicules pilo-sébacés qui se trouvent sur tout le corps sauf sur les paumes. C’est une substance grasse.

Les boutons apparaissent quand un follicule pilo-sébacé se bouche et s’enflamme. On ne parle d’acné que dans des cas particuliers.

La sueur qui s’écoule par les pores a un pH légèrement acide et est une substance aqueuse.

Sébum et sueur forment le film hydrolipidique qui recouvre la peau et la protège. Il ne faut pas que les cosmétiques mettent à mal ou désagrègent ce film trop durablement.

Le pH de la peau est acide et il faut le respecter. Les détergents trop alcalins (savons) ne sont donc pas recommandés.

Quel est votre type de peau ?

La notion de type de peau a en vérité beaucoup moins d’importance qu’on ne le pense. La segmentation par types de peau est d’ailleurs une des armes majeures du « brainwashing cosmétique » décrit plus haut car elle nous fait consommer plus.

La grande majorité des humains ont la peau mixte ou grasse. La peau réellement sèche est très rare. En revanche, au type de peau s’ajoutent la sensibilité et le taux d’hydratation de la peau. On peut ainsi avoir la peau grasse, mais inconfortable ou irritée parce que déshydratée et sensible.

Vous avez la peau grasse si vos pores sont visibles sur tout le visage, si au toucher la peau est huileuse, si la peau est épaisse lorsque vous la pincez, et si elle est relativement ferme et élastique.

Vérifiez aussi si vous brillez rapidement à cause du sébum après vous être nettoyé le visage sans rien avoir appliqué sur la peau.

Vous avez la peau sèche si le grain de votre peau est fin, si au toucher votre peau est rugueuse, si elle se plisse comme du papier à cigarette lorsque vous la pincez, et si elle est très inconfortable après la toilette.

Vous vous reconnaissez un peu dans les deux profils décrits ?

C’est normal, vous avez la peau mixte comme la plupart d’entre nous.

En vérité, chaque peau est unique. Mais pas de panique, toutes les peaux ont les mêmes besoins : nettoyage, hydratation et protection. C’est dans le choix des produits utilisés que l’on adapte ses soins à son type de peau.

On opte tout simplement pour ce qui nous apporte le plus de confort. Des textures fraîches et légères pour les soins de la peau à tendance grasse, et des soins plus riches pour les autres. C’est aussi simple que cela et tout débat sur la question est bien souvent stérile.

Ne vous souciez plus trop de votre type de peau. Posez-vous seulement 3 questions essentielles lors de vos soins :

  1. Ma peau est-elle sensible ou résiste-t-elle à presque tout type de

stimulus ? Si elle est sensible, il faut choisir des produits doux et peu actifs et opter pour des soins protecteurs.

  1. Ma peau est-elle confortable et donc bien hydratée ? Si elle est déshydratée, elle tiraille et le teint est terne. Il faut alors adapter son régime alimentaire, boire plus et nourrir la peau avec des acides gras.
  2. Ma peau est-elle malade ? En cas d’acné avérée, d’eczéma ou autres dermatoses, il faut consulter un spécialiste et opter pour un traitement sur mesure.

 

 

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