Ch 1 : 2 – Les besoins primaires de la peau

Les besoins primaires de la peau

LA PEAU A BESOIN D’ÊTRE NETTOYÉE

À la surface de la peau, on trouve une multitude de micro-organismes sans danger pour la santé. La peau possède en effet sa propre flore bactérienne, appelée flore saprophyte. Elle ne présente pas de danger pour l’organisme. Cependant, en cas de rupture de l’équilibre biologique entre les germes et la peau ou les muqueuses, et plus particulièrement lorsque les défenses de l’individu sont altérées, ces bactéries peuvent devenir pathogènes. Bref, il ne faut pas que la peau soit exempte de bactéries, mais point trop n’en faut. Le nettoyage de la peau sert donc avant tout à réguler cette belle harmonie qui existe entre nos bactéries et nous.

La peau est également soumise aux agressions extérieures et à la pollution. Il suffit de se passer un coton sur le visage après une journée de shopping en ville pour remarquer que la teinte grisâtre du coton n’est pas uniquement due au sébum. Le nettoyage est une étape primordiale pour débarrasser la peau d’une série de dépôts : poussière, microparticules, salissures et autres germes. En cela, ce sont surtout les mains qui sont visées, mais le visage et le corps sont susceptibles d’être

salis eux aussi.

La peau est parfois maquillée ou fardée pour paraître plus belle. Les femmes se maquillent le visage depuis des millénaires et le maquillage est aujourd’hui devenu l’un des principaux gestes de beauté. Certains évoquent même l’art pour en parler. Qu’il soit justifié ou non, beau ou pas, le maquillage doit être ôté quotidiennement. En effet, les fards et les produits de maquillage recouvrent la peau et altèrent la fonction barrière de celle-ci. Bonne nouvelle, les produits de maquillage ont plutôt tendance à protéger la peau temporairement. Le fond de teint ou la poudre

sont la plupart du temps des boucliers anti-UV et antipollution. Hélas, cette couche artificielle est presque toujours truffée de chimie lourde, de pigments synthétiques et de matières plastiques qui n’ont aucune affinité

avec la peau. Il faut donc s’en débarrasser après chaque application.

Le nettoyage de la peau est crucial et doit se définir comme premier geste de la routine beauté de chacun. On se nettoie le corps tout entier, en insistant sur les mains, le visage et les cheveux qui sont les parties du

corps les plus exposées au milieu ambiant.

À intervalles réguliers, on peut aussi « gommer » la peau. Nous avons vu plus haut que l’élimination et le renouvellement des couches superficielles de l’épiderme se fait naturellement et de façon constante.

On peut cependant parfois souhaiter éliminer une quantité plus importante de peaux mortes afin de faire migrer à la surface de la peau des cellules plus jeunes et plus riches en eau. Cela donne à la peau un toucher doux et lisse. Par ailleurs, le frottement continu de certaines zones du corps a tendance à épaissir la couche cornée, qui peut alors se crevasser et devenir inesthétique ou douloureuse. C’est le cas sur nos talons, la plante de nos pieds, nos coudes et parfois nos mains. Les gommages permettent de réduire l’épaisseur de la couche cornée très superficiellement pour

nous donner plus de confort et embellir notre peau. Ils peuvent se pratiquer sur la plupart des peaux à intervalles réguliers selon l’effet souhaité. Les peaux matures, dont la couche cornée est plus épaisse, l’utiliseront d’ailleurs plus souvent afin de maintenir la peau plus jeune.

Les peaux enflammées ou acnéiques devront en revanche l’éviter.

À retenir

Il faut nettoyer régulièrement la peau pour la débarrasser des impuretés et des micro-organismes superflus.

Le maquillage doit être soigneusement ôté chaque fois qu’on en met.

On peut « gommer » la peau régulièrement ou l’exfolier en

profondeur afin de la maintenir plus jeune ou de raviver son éclat.

LA PEAU A BESOIN D’ÊTRE HYDRATÉE

Nous avons vu que la teneur en eau de la peau est cruciale pour sa santé et sa beauté. Le derme est une enveloppe aqueuse qui est le cœur même de la structure cutanée. C’est une source intarissable d’eau pour autant que l’individu se nourrisse et s’hydrate correctement.

Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’on ne peut pas hydrater la peau en y appliquant de l’eau ou des éléments aqueux. La peau est une barrière. Elle ne laisse passer ni l’eau ni les corps hydrophiles. Seuls les corps gras de très petite taille peuvent réellement pénétrer la peau en se

faufilant à travers le ciment intercellulaire de l’épiderme. Souvenez-vous de la structure du mur de brique qui symbolise l’épiderme. C’est la qualité du ciment lipidique reliant les briques entre elles qui détermine la

teneur en eau des cellules épidermiques. Si le ciment n’est pas suffisamment riche en lipides complexes, l’eau contenue dans les cellules s’évaporera trop vite.

L’eau s’évapore d’ailleurs continuellement de la peau. Venue du derme, elle s’évapore vers la surface, étant en partie retenue dans l’épiderme grâce aux molécules lipidiques. Cette perte en eau doit être régulée. Si la peau n’est pas suffisamment riche en corps gras, elle sera

trop importante et la peau sera trop sèche.

Vous comprenez sans doute déjà que ce qui hydrate vraiment la peau vient de l’intérieur. C’est la qualité de notre alimentation qui joue ici un rôle clé. Il faut boire de l’eau minérale, on nous le répète assez souvent.

Mais il faut aussi consommer des acides gras complexes trouvés dans les poissons gras, les huiles végétales et certains fruits ou céréales pour avoir une peau suffisamment hydratée. À ce régime s’ajoutent aussi les

vitamines et les minéraux qui ont un impact déterminant sur l’état de notre peau.

L’alimentation saine pourrait suffire si nous n’étions pas exposés à l’environnement externe. Les nombreuses interactions de notre peau avec le milieu physique ou chimique font que la peau a besoin d’être réhydratée dans bien des cas. C’est en partie pour cela que depuis des

millénaires les êtres humains appliquent des onguents sur leur peau.

Néanmoins, lorsque vous appliquez un produit « hydratant », il faut comprendre qu’il ne peut agir que de certaines façons pour hydrater.

Un produit est dit hydratant s’il permet de retenir l’eau dans les tissus cutanés. Ainsi, un pansement occlusif en plastique est un « hydratant ». Il empêche l’eau de s’évaporer car il couvre hermétiquement la peau. C’est un peu comme cela que fonctionnent la plupart des crèmes

hydratantes conventionnelles. Formulées à base de paraffine ou d’huiles minérales, elles laissent un film sur la peau. Ce film protège la peau de l’extérieur, l’adoucit et limite la perte en eau. C’est bien, mais c’est assez basique et cela n’apporte rien à la qualité du ciment épidermique.

Les produits hydratants les plus intelligents sont ceux qui ont la faculté d’améliorer la qualité du ciment intercellulaire. Ce sont des produits dont les ingrédients lipophiles se mêlent au ciment lipidique de la peau pour rétablir l’étanchéité du fameux mur de brique décrit plus

haut. Les huiles végétales, riches en acides gras complexes, font cela à merveille.

Lorsque vous appliquez une crème sur la peau, ce n’est donc pas l’eau qu’elle contient qui hydrate, mais bien l’huile ! Nous verrons plus loin que la slow cosmétique recommande fortement l’utilisation d’huiles végétales pures sur la peau, en partie parce qu’elles sont toutes de très bons produits hydratants.

À retenir

On hydrate la peau de l’intérieur : boisson et alimentation saines sont essentielles.

L’eau ou les gels aqueux appliqués sur la peau ne pénètrent pas l’épiderme et n’hydratent donc pas.

Ce sont les corps gras des cosmétiques qui hydratent la peau en atténuant l’inévitable perte en eau.

Une huile cosmétique hydrate aussi bien si ce n’est mieux qu’une crème.

Homme ou femme, notre peau est-elle différente ?

Oui, mais pas au point de devoir utiliser des produits différents. La peau des hommes est plus épaisse et elle sécrète plus de sébum et de sueur. On a donc tendance à dire que la peau des hommes est plus « grasse ». C’est ce qui explique les produits spécifiques qui leur sont proposés dans les rayons cosmétiques, bien souvent très légers, fluides et frais. Le marketing a encore frappé !

Les hommes ont eux aussi des types de peau différents. De la peau sèche à la peau grasse, tout est possible. En outre, le rasage quotidien rend leur peau plus sensible avec le temps. Les hommes peuvent donc tout à fait utiliser l’ensemble des produits cosmétiques proposés pour autant qu’ils soient adaptés à l’état de leur peau.

Celle-ci a les mêmes besoins que toutes les peaux : nettoyage, hydratation et protection. Basta ! Les recettes proposées dans la deuxième partie de cet ouvrage leur conviendront donc également.

LA PEAU A PARFOIS BESOIN D’ÊTRE PROTÉGÉE

Tout au long de la vie, notre peau est soumise aux agressions extérieures.

Ces agressions sont à la fois physiques, chimiques et environnementales.

Au fil des saisons, il faudra donc veiller à ce que la peau soit protégée de ces agressions si celles-ci se révèlent trop importantes. C’est le cas lors des périodes d’ensoleillement, de grands froids et lors d’activités extérieures et aussi sportives…

Se protéger des agressions physiques

Les coups et les frottements peuvent endommager la peau. Une simple griffe ou une plaie plus profonde, et c’est toute la structure cutanée qui est altérée. Dans ces cas précis, la fonction barrière de la peau n’est plus garantie. C’est en prévention de ces petits inconvénients que certains

utilisent bien volontiers une crème protectrice pour les mains voire même des gants pour les activités de jardinage, de conduite ou pour faire le ménage.

Les rayons UV sont également des agressions néfastes pour la peau. Les UVB sont des rayons ultraviolets capables de brûler la peau et de provoquer une inflammation. En cas de coup de soleil sévère, c’est tout

l’organisme qui encaisse. Les UVA sont quant à eux encore plus dangereux. Leur rayonnement altère de façon imperceptible la qualité des cellules de la peau, qui peuvent dans les pires cas développer un cancer.

Les rayons du soleil sont donc de réels ennemis pour la santé de la peau s’ils ne sont pas maîtrisés. Certes, leur apport positif n’est pas négligeable car c’est entre autres grâce à eux que notre corps parvient à synthétiser la vitamine D. Néanmoins, ils constituent malgré tout une

agression pour la peau, dont la première réaction est d’ailleurs de sécréter la mélanine lorsqu’elle est exposée au soleil. La mélanine pigmente l’épiderme qui, de cette façon, se prémunit légèrement contre les brûlures.

Avec le temps, la mélanine a cependant la fâcheuse tendance à s’agglutiner dans des endroits localisés plus exposés que d’autres à la lumière. C’est ainsi qu’apparaissent les fameuses taches pigmentaires ou

lentigos sur les mains, le cou ou le visage. Heureusement, le film hydrolipidique qui recouvre l’épiderme est un précieux allié de la mélanine dans le sens où il remplit une fonction de léger filtre solaire.

Mais il ne suffit hélas pas.

C’est pour pallier ces risques de brûlures, de taches et de maladie que l’utilisation de filtres solaires sur la peau est particulièrement recommandée par les dermatologues. Ces filtres peuvent agir comme des miroirs qui rejettent les rayons, ou comme des capteurs qui les neutralisent. Ils sont particulièrement utiles en cas d’exposition solaire intense, à la plage, à la montagne ou lors de baignades au soleil.

Se protéger des agressions chimiques

Nous avons vu que la peau est un milieu vivant où évoluent des bactéries non pathogènes. Cependant, si la fonction barrière de la peau est mise à mal, ou si son pH est déséquilibré, certains organismes vivants plus

gênants peuvent persister. C’est pour cela que le nettoyage est si important. Dans le même esprit, il est utile de protéger la peau de la présence éventuelle de corps étrangers indésirables (des germes ou des

salissures) en la recouvrant d’un produit protecteur lors d’activités susceptibles de contaminer la peau.

De même, lorsqu’on fait le ménage ou qu’on manipule des produits actifs, la peau peut être agressée ou irritée par des agents chimiques externes qu’elle identifie comme pathogènes. C’est le cas typique de l’eczéma ou

de l’allergie de contact. Qui n’a jamais remarqué que sa peau s’enflammait lorsqu’elle entrait en contact avec des détergents puissants ou avec des peintures ou des acides ? Ou tout simplement à cause d’un parfum synthétique… Là aussi, la protection s’impose. Les gants seront du plus grand secours pour les mains, mais le corps tout entier peut aussi être soumis à ce genre de contacts inopportuns. Dès lors, les produits cosmétiques protecteurs tels que les baumes et les onguents sont intéressants.

Se protéger des agressions environnementales

Nous avons vu que le rayonnement UV du soleil était une agression physique pour la peau. Il en va de même pour le vent trop fort qui peut causer des irritations. À cela s’ajoute la température ambiante. Comme un thermostat, la peau réagit au milieu extérieur afin de maintenir la température du corps à niveau. En cas de grands froids, les vaisseaux

sanguins présents dans la peau se rétractent. Moins bien irriguée en sang, la peau s’affaiblit. Elle perd de son éclat et peut même parfois se nécroser dans les cas extrêmes. C’est le cas avec les engelures bien connues des montagnards. Les cosmétiques les plus gras aident la peau à se protéger contre le froid, et préviennent ainsi efficacement ce genre de désagréments. Ce principe s’applique aussi aux lèvres, pour lesquelles on

recommande l’utilisation d’un baume en hiver.

À l’inverse, en cas de forte chaleur, les vaisseaux sanguins se dilatent pour refroidir le corps. Si la peau est exposée à des changements de températures brutaux, les sujets les plus sensibles risquent de voir apparaître des rougeurs permanentes sur leur visage, voire même une

forme de couperose. Là aussi, les cosmétiques qui recouvrent la peau peuvent atténuer les effets néfastes dus aux changements de température trop abrupts. C’est pour cela que les peaux les plus sensibles apprécient les crèmes plus grasses et plus couvrantes.

Enfin, la pollution dépose sur notre peau tout un ensemble de particules et de déchets qui l’empêchent de respirer. Cela aussi constitue une forme d’agression.

À retenir

Les cosmétiques aident la peau à se protéger des agressions extérieures que sont les frottements brusques, la pollution et les salissures, les microbes, les rayonnements UV, le froid ou le chaud.

En cas de forte exposition au soleil, l’utilisation de filtres solaires est essentielle pour prévenir l’apparition de brûlures, d’altérations cellulaires (cancer), de taches et de rides.

NOUS RESSENTONS LE BESOIN D’EMBELLIR LA PEAU

Nous avons vu que la peau était un organe vivant. Comme tous les organes, elle évolue au fil du temps et peut connaître certains dysfonctionnements : boutons, cicatrices, taches, rides, manque d’éclat…

Il est hélas impossible de pallier tous les aléas de la peau en la nettoyant, en l’hydratant et en la protégeant uniquement. C’est pour cette raison que le maquillage et la mise en valeur de la peau ont été adoptés par nos ancêtres depuis des millénaires. Même s’il ne s’agit pas d’un besoin

primaire de la peau, notre condition d’animal social nous incite à penser que l’amélioration de son aspect est essentielle à notre existence.

Il n’est pas nécessaire pour la santé de la peau d’y appliquer un déodorant ou une crème teintée mais ces produits sont des camouflages bienvenus

dans la plupart des cas. C’est d’ailleurs là la fonction principale des cosmétiques vendus dans nos parfumeries : embellir la peau et camoufler les imperfections. Superficiel tout cela ? Pas vraiment, car cette superficialité est profondément ancrée dans notre culture, et il serait sans

doute dommage de nous priver de ces artifices tellement rassurants.

Dans l’introduction de cet ouvrage, nous décrivions les cosmétiques comme nos meilleurs ennemis. Lorsqu’ils se font masques d’apparat ou armes de séduction, ils sont cependant presque aussi vitaux que notre

nourriture. La slow cosmétique ne rejette donc pas le besoin de se maquiller, de teindre ses cheveux, de s’épiler, de se raser ou de se parfumer. Elle se limite cependant à l’essentiel, sans fausses notes, et nous invite à plus de naturalité.

À retenir

La peau n’a besoin d’aucun parfum, d’aucun maquillage ni

d’aucune teinture pour vivre sainement.

Néanmoins, les artifices de la beauté sont essentiels à notre bienêtre émotionnel et à notre vie sociale et doivent donc être respectés

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