Ch 1 : 2 – Les besoins primaires de la peau

Les besoins primaires de la peau

LA PEAU A BESOIN D’ÊTRE NETTOYÉE

À la surface de la peau, on trouve une multitude de micro-organismes sans danger pour la santé. La peau possède en effet sa propre flore bactérienne, appelée flore saprophyte. Elle ne présente pas de danger pour l’organisme. Cependant, en cas de rupture de l’équilibre biologique entre les germes et la peau ou les muqueuses, et plus particulièrement lorsque les défenses de l’individu sont altérées, ces bactéries peuvent devenir pathogènes. Bref, il ne faut pas que la peau soit exempte de bactéries, mais point trop n’en faut. Le nettoyage de la peau sert donc avant tout à réguler cette belle harmonie qui existe entre nos bactéries et nous.

La peau est également soumise aux agressions extérieures et à la pollution. Il suffit de se passer un coton sur le visage après une journée de shopping en ville pour remarquer que la teinte grisâtre du coton n’est pas uniquement due au sébum. Le nettoyage est une étape primordiale pour débarrasser la peau d’une série de dépôts : poussière, microparticules, salissures et autres germes. En cela, ce sont surtout les mains qui sont visées, mais le visage et le corps sont susceptibles d’être

salis eux aussi.

La peau est parfois maquillée ou fardée pour paraître plus belle. Les femmes se maquillent le visage depuis des millénaires et le maquillage est aujourd’hui devenu l’un des principaux gestes de beauté. Certains évoquent même l’art pour en parler. Qu’il soit justifié ou non, beau ou pas, le maquillage doit être ôté quotidiennement. En effet, les fards et les produits de maquillage recouvrent la peau et altèrent la fonction barrière de celle-ci. Bonne nouvelle, les produits de maquillage ont plutôt tendance à protéger la peau temporairement. Le fond de teint ou la poudre

sont la plupart du temps des boucliers anti-UV et antipollution. Hélas, cette couche artificielle est presque toujours truffée de chimie lourde, de pigments synthétiques et de matières plastiques qui n’ont aucune affinité

avec la peau. Il faut donc s’en débarrasser après chaque application.

Le nettoyage de la peau est crucial et doit se définir comme premier geste de la routine beauté de chacun. On se nettoie le corps tout entier, en insistant sur les mains, le visage et les cheveux qui sont les parties du

corps les plus exposées au milieu ambiant.

À intervalles réguliers, on peut aussi « gommer » la peau. Nous avons vu plus haut que l’élimination et le renouvellement des couches superficielles de l’épiderme se fait naturellement et de façon constante.

On peut cependant parfois souhaiter éliminer une quantité plus importante de peaux mortes afin de faire migrer à la surface de la peau des cellules plus jeunes et plus riches en eau. Cela donne à la peau un toucher doux et lisse. Par ailleurs, le frottement continu de certaines zones du corps a tendance à épaissir la couche cornée, qui peut alors se crevasser et devenir inesthétique ou douloureuse. C’est le cas sur nos talons, la plante de nos pieds, nos coudes et parfois nos mains. Les gommages permettent de réduire l’épaisseur de la couche cornée très superficiellement pour

nous donner plus de confort et embellir notre peau. Ils peuvent se pratiquer sur la plupart des peaux à intervalles réguliers selon l’effet souhaité. Les peaux matures, dont la couche cornée est plus épaisse, l’utiliseront d’ailleurs plus souvent afin de maintenir la peau plus jeune.

Les peaux enflammées ou acnéiques devront en revanche l’éviter.

À retenir

Il faut nettoyer régulièrement la peau pour la débarrasser des impuretés et des micro-organismes superflus.

Le maquillage doit être soigneusement ôté chaque fois qu’on en met.

On peut « gommer » la peau régulièrement ou l’exfolier en

profondeur afin de la maintenir plus jeune ou de raviver son éclat.

LA PEAU A BESOIN D’ÊTRE HYDRATÉE

Nous avons vu que la teneur en eau de la peau est cruciale pour sa santé et sa beauté. Le derme est une enveloppe aqueuse qui est le cœur même de la structure cutanée. C’est une source intarissable d’eau pour autant que l’individu se nourrisse et s’hydrate correctement.

Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’on ne peut pas hydrater la peau en y appliquant de l’eau ou des éléments aqueux. La peau est une barrière. Elle ne laisse passer ni l’eau ni les corps hydrophiles. Seuls les corps gras de très petite taille peuvent réellement pénétrer la peau en se

faufilant à travers le ciment intercellulaire de l’épiderme. Souvenez-vous de la structure du mur de brique qui symbolise l’épiderme. C’est la qualité du ciment lipidique reliant les briques entre elles qui détermine la

teneur en eau des cellules épidermiques. Si le ciment n’est pas suffisamment riche en lipides complexes, l’eau contenue dans les cellules s’évaporera trop vite.

L’eau s’évapore d’ailleurs continuellement de la peau. Venue du derme, elle s’évapore vers la surface, étant en partie retenue dans l’épiderme grâce aux molécules lipidiques. Cette perte en eau doit être régulée. Si la peau n’est pas suffisamment riche en corps gras, elle sera

trop importante et la peau sera trop sèche.

Vous comprenez sans doute déjà que ce qui hydrate vraiment la peau vient de l’intérieur. C’est la qualité de notre alimentation qui joue ici un rôle clé. Il faut boire de l’eau minérale, on nous le répète assez souvent.

Mais il faut aussi consommer des acides gras complexes trouvés dans les poissons gras, les huiles végétales et certains fruits ou céréales pour avoir une peau suffisamment hydratée. À ce régime s’ajoutent aussi les

vitamines et les minéraux qui ont un impact déterminant sur l’état de notre peau.

L’alimentation saine pourrait suffire si nous n’étions pas exposés à l’environnement externe. Les nombreuses interactions de notre peau avec le milieu physique ou chimique font que la peau a besoin d’être réhydratée dans bien des cas. C’est en partie pour cela que depuis des

millénaires les êtres humains appliquent des onguents sur leur peau.

Néanmoins, lorsque vous appliquez un produit « hydratant », il faut comprendre qu’il ne peut agir que de certaines façons pour hydrater.

Un produit est dit hydratant s’il permet de retenir l’eau dans les tissus cutanés. Ainsi, un pansement occlusif en plastique est un « hydratant ». Il empêche l’eau de s’évaporer car il couvre hermétiquement la peau. C’est un peu comme cela que fonctionnent la plupart des crèmes

hydratantes conventionnelles. Formulées à base de paraffine ou d’huiles minérales, elles laissent un film sur la peau. Ce film protège la peau de l’extérieur, l’adoucit et limite la perte en eau. C’est bien, mais c’est assez basique et cela n’apporte rien à la qualité du ciment épidermique.

Les produits hydratants les plus intelligents sont ceux qui ont la faculté d’améliorer la qualité du ciment intercellulaire. Ce sont des produits dont les ingrédients lipophiles se mêlent au ciment lipidique de la peau pour rétablir l’étanchéité du fameux mur de brique décrit plus

haut. Les huiles végétales, riches en acides gras complexes, font cela à merveille.

Lorsque vous appliquez une crème sur la peau, ce n’est donc pas l’eau qu’elle contient qui hydrate, mais bien l’huile ! Nous verrons plus loin que la slow cosmétique recommande fortement l’utilisation d’huiles végétales pures sur la peau, en partie parce qu’elles sont toutes de très bons produits hydratants.

À retenir

On hydrate la peau de l’intérieur : boisson et alimentation saines sont essentielles.

L’eau ou les gels aqueux appliqués sur la peau ne pénètrent pas l’épiderme et n’hydratent donc pas.

Ce sont les corps gras des cosmétiques qui hydratent la peau en atténuant l’inévitable perte en eau.

Une huile cosmétique hydrate aussi bien si ce n’est mieux qu’une crème.

Homme ou femme, notre peau est-elle différente ?

Oui, mais pas au point de devoir utiliser des produits différents. La peau des hommes est plus épaisse et elle sécrète plus de sébum et de sueur. On a donc tendance à dire que la peau des hommes est plus « grasse ». C’est ce qui explique les produits spécifiques qui leur sont proposés dans les rayons cosmétiques, bien souvent très légers, fluides et frais. Le marketing a encore frappé !

Les hommes ont eux aussi des types de peau différents. De la peau sèche à la peau grasse, tout est possible. En outre, le rasage quotidien rend leur peau plus sensible avec le temps. Les hommes peuvent donc tout à fait utiliser l’ensemble des produits cosmétiques proposés pour autant qu’ils soient adaptés à l’état de leur peau.

Celle-ci a les mêmes besoins que toutes les peaux : nettoyage, hydratation et protection. Basta ! Les recettes proposées dans la deuxième partie de cet ouvrage leur conviendront donc également.

LA PEAU A PARFOIS BESOIN D’ÊTRE PROTÉGÉE

Tout au long de la vie, notre peau est soumise aux agressions extérieures.

Ces agressions sont à la fois physiques, chimiques et environnementales.

Au fil des saisons, il faudra donc veiller à ce que la peau soit protégée de ces agressions si celles-ci se révèlent trop importantes. C’est le cas lors des périodes d’ensoleillement, de grands froids et lors d’activités extérieures et aussi sportives…

Se protéger des agressions physiques

Les coups et les frottements peuvent endommager la peau. Une simple griffe ou une plaie plus profonde, et c’est toute la structure cutanée qui est altérée. Dans ces cas précis, la fonction barrière de la peau n’est plus garantie. C’est en prévention de ces petits inconvénients que certains

utilisent bien volontiers une crème protectrice pour les mains voire même des gants pour les activités de jardinage, de conduite ou pour faire le ménage.

Les rayons UV sont également des agressions néfastes pour la peau. Les UVB sont des rayons ultraviolets capables de brûler la peau et de provoquer une inflammation. En cas de coup de soleil sévère, c’est tout

l’organisme qui encaisse. Les UVA sont quant à eux encore plus dangereux. Leur rayonnement altère de façon imperceptible la qualité des cellules de la peau, qui peuvent dans les pires cas développer un cancer.

Les rayons du soleil sont donc de réels ennemis pour la santé de la peau s’ils ne sont pas maîtrisés. Certes, leur apport positif n’est pas négligeable car c’est entre autres grâce à eux que notre corps parvient à synthétiser la vitamine D. Néanmoins, ils constituent malgré tout une

agression pour la peau, dont la première réaction est d’ailleurs de sécréter la mélanine lorsqu’elle est exposée au soleil. La mélanine pigmente l’épiderme qui, de cette façon, se prémunit légèrement contre les brûlures.

Avec le temps, la mélanine a cependant la fâcheuse tendance à s’agglutiner dans des endroits localisés plus exposés que d’autres à la lumière. C’est ainsi qu’apparaissent les fameuses taches pigmentaires ou

lentigos sur les mains, le cou ou le visage. Heureusement, le film hydrolipidique qui recouvre l’épiderme est un précieux allié de la mélanine dans le sens où il remplit une fonction de léger filtre solaire.

Mais il ne suffit hélas pas.

C’est pour pallier ces risques de brûlures, de taches et de maladie que l’utilisation de filtres solaires sur la peau est particulièrement recommandée par les dermatologues. Ces filtres peuvent agir comme des miroirs qui rejettent les rayons, ou comme des capteurs qui les neutralisent. Ils sont particulièrement utiles en cas d’exposition solaire intense, à la plage, à la montagne ou lors de baignades au soleil.

Se protéger des agressions chimiques

Nous avons vu que la peau est un milieu vivant où évoluent des bactéries non pathogènes. Cependant, si la fonction barrière de la peau est mise à mal, ou si son pH est déséquilibré, certains organismes vivants plus

gênants peuvent persister. C’est pour cela que le nettoyage est si important. Dans le même esprit, il est utile de protéger la peau de la présence éventuelle de corps étrangers indésirables (des germes ou des

salissures) en la recouvrant d’un produit protecteur lors d’activités susceptibles de contaminer la peau.

De même, lorsqu’on fait le ménage ou qu’on manipule des produits actifs, la peau peut être agressée ou irritée par des agents chimiques externes qu’elle identifie comme pathogènes. C’est le cas typique de l’eczéma ou

de l’allergie de contact. Qui n’a jamais remarqué que sa peau s’enflammait lorsqu’elle entrait en contact avec des détergents puissants ou avec des peintures ou des acides ? Ou tout simplement à cause d’un parfum synthétique… Là aussi, la protection s’impose. Les gants seront du plus grand secours pour les mains, mais le corps tout entier peut aussi être soumis à ce genre de contacts inopportuns. Dès lors, les produits cosmétiques protecteurs tels que les baumes et les onguents sont intéressants.

Se protéger des agressions environnementales

Nous avons vu que le rayonnement UV du soleil était une agression physique pour la peau. Il en va de même pour le vent trop fort qui peut causer des irritations. À cela s’ajoute la température ambiante. Comme un thermostat, la peau réagit au milieu extérieur afin de maintenir la température du corps à niveau. En cas de grands froids, les vaisseaux

sanguins présents dans la peau se rétractent. Moins bien irriguée en sang, la peau s’affaiblit. Elle perd de son éclat et peut même parfois se nécroser dans les cas extrêmes. C’est le cas avec les engelures bien connues des montagnards. Les cosmétiques les plus gras aident la peau à se protéger contre le froid, et préviennent ainsi efficacement ce genre de désagréments. Ce principe s’applique aussi aux lèvres, pour lesquelles on

recommande l’utilisation d’un baume en hiver.

À l’inverse, en cas de forte chaleur, les vaisseaux sanguins se dilatent pour refroidir le corps. Si la peau est exposée à des changements de températures brutaux, les sujets les plus sensibles risquent de voir apparaître des rougeurs permanentes sur leur visage, voire même une

forme de couperose. Là aussi, les cosmétiques qui recouvrent la peau peuvent atténuer les effets néfastes dus aux changements de température trop abrupts. C’est pour cela que les peaux les plus sensibles apprécient les crèmes plus grasses et plus couvrantes.

Enfin, la pollution dépose sur notre peau tout un ensemble de particules et de déchets qui l’empêchent de respirer. Cela aussi constitue une forme d’agression.

À retenir

Les cosmétiques aident la peau à se protéger des agressions extérieures que sont les frottements brusques, la pollution et les salissures, les microbes, les rayonnements UV, le froid ou le chaud.

En cas de forte exposition au soleil, l’utilisation de filtres solaires est essentielle pour prévenir l’apparition de brûlures, d’altérations cellulaires (cancer), de taches et de rides.

NOUS RESSENTONS LE BESOIN D’EMBELLIR LA PEAU

Nous avons vu que la peau était un organe vivant. Comme tous les organes, elle évolue au fil du temps et peut connaître certains dysfonctionnements : boutons, cicatrices, taches, rides, manque d’éclat…

Il est hélas impossible de pallier tous les aléas de la peau en la nettoyant, en l’hydratant et en la protégeant uniquement. C’est pour cette raison que le maquillage et la mise en valeur de la peau ont été adoptés par nos ancêtres depuis des millénaires. Même s’il ne s’agit pas d’un besoin

primaire de la peau, notre condition d’animal social nous incite à penser que l’amélioration de son aspect est essentielle à notre existence.

Il n’est pas nécessaire pour la santé de la peau d’y appliquer un déodorant ou une crème teintée mais ces produits sont des camouflages bienvenus

dans la plupart des cas. C’est d’ailleurs là la fonction principale des cosmétiques vendus dans nos parfumeries : embellir la peau et camoufler les imperfections. Superficiel tout cela ? Pas vraiment, car cette superficialité est profondément ancrée dans notre culture, et il serait sans

doute dommage de nous priver de ces artifices tellement rassurants.

Dans l’introduction de cet ouvrage, nous décrivions les cosmétiques comme nos meilleurs ennemis. Lorsqu’ils se font masques d’apparat ou armes de séduction, ils sont cependant presque aussi vitaux que notre

nourriture. La slow cosmétique ne rejette donc pas le besoin de se maquiller, de teindre ses cheveux, de s’épiler, de se raser ou de se parfumer. Elle se limite cependant à l’essentiel, sans fausses notes, et nous invite à plus de naturalité.

À retenir

La peau n’a besoin d’aucun parfum, d’aucun maquillage ni

d’aucune teinture pour vivre sainement.

Néanmoins, les artifices de la beauté sont essentiels à notre bienêtre émotionnel et à notre vie sociale et doivent donc être respectés

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Chapitre 1 : 1 – La peau et ses besoins

Chapitre 1

La peau et ses besoins

Comprendre ma peau

Pour adopter les gestes d’une beauté slow, il est important de bien comprendre la peau en tant qu’organe. Comment se construit-elle ?

Comment évolue-t-elle dans le temps et quels sont ses besoins réels ?

En étudiant sa structure, on peut aisément définir ses besoins essentiels.

On découvre alors qu’il est assez simple d’y répondre en adoptant quelques gestes de beauté simples, toujours naturels et très efficaces.

 

À QUOI SERT LA PEAU ?

La peau est un organe majeur du corps humain. Sans peau, on ne peut en effet pas respirer. Saviez-vous que les grands brûlés décèdent hélas très souvent par asphyxie ? La respiration n’est toutefois qu’une des fonctions

principales de la peau…

En marge de la respiration, les fonctions essentielles de la peau peuvent être décrites en 3 points :

  1. protection,
  2. transmission d’information,
  3. élimination.
  4. Protection

La peau nous protège des agressions physiques et chimiques extérieures.

Son premier rôle est celui d’une barrière impénétrable qui s’adapte au

milieu ambiant pour préserver le bon fonctionnement de l’organisme.

La peau amortit les chocs qui peuvent endommager le corps (coups,

griffes, blessures…). Grâce à son élasticité et à sa structure cohérente, la peau se moule sur les organes sous-jacents et joue un rôle de gaine protectrice.

La peau constitue également un rempart de protection contre le rayonnement ultra-violet (UV) qui serait très dommageable si elle n’était pas là. Les rayons UV peuvent en effet causer de graves brûlures ainsi que des modifications cellulaires néfastes voire morbides (oxydation,

cancer…). Le bronzage est avant tout un filtre naturel anti-UV qui sert à nous protéger. Il ne suffit cependant pas toujours !

Avez-vous remarqué comme votre peau est parfaitement imperméable lorsque l’eau de votre douche ruisselle le long de votre corps ? De même, voyez-vous avec quelle facilité vous pouvez nettoyer la peau lorsqu’elle est souillée par de la terre, de la poussière ou des salissures ? La barrière

cutanée a en effet pour rôle de ne rien laisser passer au travers de la peau. Cette fonction de barrière est la garantie de notre bonne santé. En effet, de multiples agents potentiellement pathogènes (bactéries, microbes…) vivent à la surface de la peau et ne causent aucun dommage à

l’organisme tant qu’ils ne pénètrent pas. Pour assurer ce rôle protecteur, un film composé d’eau et de graisses recouvre la peau : c’est le « film hydrolipidique » généré par les sécrétions de sueur et de sébum. Il se dépose à la surface de la peau et forme un « vernis » très imperméable

dont le pH acide rend la vie des corps pathogènes impossible. Le film hydrolipidique se répand sur l’épiderme, lui-même composé de couches étanches qui limitent les échanges avec l’extérieur. La couche cornée, qui

est la couche superficielle de l’épiderme, est une superposition de cellules très densément liées les unes aux autres par un ciment lipidique, et rien ne

peut passer. Rien ou presque, car il est évident que certains corps peuvent pénétrer la peau si on la met en condition, par exemple en augmentant son taux d’humidité ou en éliminant son film protecteur.

On l’aura compris, la peau est une barrière quasiment impénétrable qui nous protège des agressions extérieures. Rien ou presque ne peut réellement pénétrer la peau. La plupart des ingrédients cosmétiques ont donc un impact très superficiel sur elle. Cela fait réfléchir lors de l’achat

éventuel des sérums miraculeux vendus dans les rayons.

  1. Transmission d’information

La peau est décrite par certains dermatologues comme un cerveau étalé.

De fait, le lien entre peau et système nerveux est très intime. Il est d’ailleurs de plus en plus étudié pour expliquer pourquoi certaines maladies de la peau évoluent sous l’effet du stress. Les personnes souffrant d’eczéma ou de psoriasis savent bien que leurs émotions sont souvent en lien direct avec l’état de leur peau. Les nerfs interviennent à

tous les niveaux de la peau. Par exemple, le système nerveux végétatif intervient dans la régulation de la température du corps. C’est le cas lorsque l’on a la chair de poule suite à un frisson intense. Le but est de maintenir une température stable. S’il fait froid dehors par exemple, le corps saura réagir et une contraction des vaisseaux sanguins limitera les pertes de chaleur.

D’autres types de terminaisons nerveuses interviennent dans le sens du toucher, primordial pour transmettre des informations de survie au

cerveau : douleur ou brûlure génèrent une réaction défensive. Le toucher est aussi capable de générer une sensation de plaisir qui n’est pas sans conséquences sur la production d’hormones… La palette des sensations

est large. Il est d’ailleurs intéressant de noter que toucher et masser la peau d’une façon plaisante a un impact positif sur celle-ci. Les muscles se détendent, la microcirculation est stimulée, la peau nourrie de l’intérieur et le teint plus radieux. Le massage est donc bon pour préserver la santé

de la peau et il constitue un geste de beauté à part entière.

On sait aujourd’hui que la peau est capable de transmettre des informations via les neuromédiateurs afin de faire intervenir le système

immunitaire en cas d’agression. C’est là aussi la preuve du lien intime entre maladie de la peau et état émotionnel.

L’état de notre peau est donc intimement lié à notre état nerveux. En conséquence, on comprendra que se toucher et se masser, respirer et rire, se relaxer et dormir sont les premiers gestes d’une beauté plus saine et plus slow.

  1. Élimination

La peau peut aussi être décrite comme un organe drainant. D’une part,

elle élimine des déchets superflus via la sudation (évacuation de la sueur).

D’autre part, elle sécrète des substances diverses afin de conserver un bon état de fonctionnement.

La sudation permet à la fois de réguler la température du corps et de maintenir l’équilibre de la peau. Son pH acide est un élément important de sa santé car il permet à la peau de se défendre contre les agents pathogènes externes. La sueur est également riche en débris cellulaires prêts à être éliminés.

La peau transpire, mais elle sécrète aussi du sébum. C’est une substance grasse qui se répand à la surface de la peau pour maintenir sa fonction barrière et son imperméabilité. C’est une sécrétion qui protège notre organisme des agents extérieurs, mais aussi de l’oxydation car il est un premier rempart contre les rayons UV.

À retenir

La peau a plusieurs fonctions essentielles pour le corps : protection physique et chimique, maintien de la température, transmission d’informations venant de l’extérieur, excrétion de sébum, de sueur et élimination de déchets.

Ces fonctions doivent être maintenues de façon optimale et les cosmétiques sont là pour les entretenir et non les mettre à mal.

Pensez-y lors de l’achat d’un savon, d’un déodorant ou d’un fond de teint !

La peau est un organe « nerveux ». La masser pour la relaxer, la faire respirer et l’aimer telle qu’elle est sont les premiers gestes de beauté.

À QUOI RESSEMBLE L’ORGANE PEAU ?

La peau est une superposition de couches : épiderme, derme et hypoderme. Ces couches forment une enveloppe souple recouverte de minuscules ouvertures. Ces ouvertures sont les follicules pileux (par lesquels se déverse le sébum) et les pores (par lesquels se déverse la sueur).

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Derme et hypoderme

 

Le derme et l’hypoderme constituent les couches les plus profondes de la peau. C’est à leur niveau qu’a lieu la circulation sanguine de la peau.

Il faut bien comprendre que c’est avant tout grâce à une bonne circulation sanguine que la peau reste saine, jeune et belle. L’épiderme avec lequel nous sommes en contact n’est pas vascularisé mais il est abreuvé en nutriments par diffusion à partir du derme. Pour avoir une belle peau, il

est donc plus important de bien se nourrir, de boire et de s’oxygéner que d’avoir recours à des cosmétiques.

L’hypoderme est une couche constituée de cellules graisseuses : les adipocytes.

Le derme est la couche la plus épaisse de la peau. C’est la plus importante aussi car elle conditionne l’état de la peau et son taux d’hydratation. En effet, le derme est un tissu conjonctif de type aqueux où le sang circule pour y apporter de précieux nutriments. Par ailleurs, on trouve dans le derme les fameuses protéines de collagène et d’élastine,

responsables de la bonne tenue et de l’élasticité de la peau. On peut comparer le derme à un matelas d’eau très perfectionné. Dans ce matelas résistant et élastique, on trouve des ressorts (l’élastine) et de gros fils de laine (les fibres de collagène). C’est la qualité de ce matelas qui

détermine l’état de fermeté de la peau.

À retenir

Le derme et l’hypoderme sont les couches les plus profondes de la peau.

Le derme et l’hypoderme sont vascularisés et donc en grande partie responsables de la nutrition de la peau.

Les substances aqueuses contenues dans le derme sont la seule vraie source d’hydratation de la peau. Il est donc important de boire de l’eau minérale et d’avoir une alimentation saine pour avoir une belle peau.

Épiderme

L’épiderme est la couche superficielle de la peau. C’est une couche assez fine dont l’épaisseur est proche de 100 μm, soit à peine plus qu’une feuille. C’est l’épiderme qui joue le rôle de barrière de protection visà-vis de l’extérieur. C’est aussi sur l’épiderme que nous appliquons nos cosmétiques.

L’épiderme est lui-même composé de plusieurs couches superposées. Au niveau de la couche basale, des cellules vivantes (les kératinocytes) se multiplient constamment. Elles s’empilent alors les unes sur les autres (comme des briques) et leur nature évolue. Au niveau de la couche cornée,

les cellules de l’épiderme ont perdu beaucoup d’eau. On les appelle alors des cornéocytes. Elles sont solidement liées entre elles par un ciment lipidique. Ce ciment va cependant se détériorer progressivement. À la surface de la peau, des cellules presque mortes s’éliminent alors naturellement. On appelle cela la desquamation. Saviez-vous qu’une forte

proportion de la poussière qui recouvre vos sols et vos meubles à la maison est constituée de cellules mortes éliminées par la peau ?

On compare souvent la couche cornée à un mur de briques où les cornéocytes seraient les briques unies par un ciment de type lipidique. On trouve dans ce ciment des acides gras polyinsaturés, des céramides et du cholestérol. La qualité de ce ciment est primordiale car c’est lui qui permet de retenir l’eau dans les cellules cornées et de limiter plus

généralement la perte transépidermique en eau qui est constante.

D’où l’intérêt d’appliquer sur la peau des cosmétiques riches en lipides de qualité, comme les huiles végétales par exemple.

L’eau de notre corps s’échappe !

En effet, de l’eau venue du derme s’évapore constamment. La peau sèche est par exemple typiquement une peau dont la qualité du ciment intercellulaire est faible, et donc qui perd trop d’eau. Il faut savoir que la couche cornée contient environ 13 % d’eau. Si la proportion d’eau baisse, même légèrement, la peau deviendra sèche et rugueuse. L’aspect esthétique de la peau est donc fortement conditionné par la qualité de la couche cornée. Nous verrons dans la

deuxième partie que les huiles végétales et les corps

gras d’une manière plus générale sont de merveilleux alliés pour hydrater la peau indirectement en améliorant la qualité du ciment intercellulaire.

De la naissance des kératinocytes à la base de l’épiderme jusqu’à la desquamation naturelle, le processus se nomme la kératinisation. Elle est constante et prend en moyenne 26 jours chez un adulte sain. Notre peau se renouvelle donc en moyenne tous les mois.

Les peaux matures ont un processus de renouvellement plus lent, pouvant aller jusqu’à 60 jours. C’est ce qui explique qu’elles sont souvent plus sèches et manquent d’éclat. À l’inverse, en cas de psoriasis, le processus

complet ne prend que 6 jours ! On comprend mieux pourquoi les peaux psoriasiques sont parsemées de cellules tuméfiées, rouges, ainsi que de squames blanches très inesthétiques.

À retenir

L’épiderme est la couche superficielle de la peau qui est en contact avec l’extérieur et qui protège la peau.

L’épiderme est composé de plusieurs couches de cellules assez différentes, d’abord bien vivantes et riches en eau puis plus sèches.

En 26 jours environ, l’épiderme sain se renouvelle constamment.

C’est la kératinisation.

La couche cornée est la couche superficielle de l’épiderme. Elle ressemble à un mur de briques.

Le ciment de la couche cornée est de nature lipidique. S’il est de mauvaise qualité (trop pauvre en acides gras), la peau sera sèche et inconfortable ou atopique.

Des poils et de la sueur partout !

Avez-vous remarqué que la peau est parsemée de petits trous (appelés « pores ») ? Depuis la surface de la peau, des pores se prolongent en effet jusqu’au coeur du derme. Ce sont d’une part les follicules pilo-sébacés et

d’autre part les canaux sudoripares.

Les follicules pilo-sébacés contiennent un poil et sont adjoints à une glande sébacée. Ils recouvrent tout le corps, sauf les paumes des mains et des pieds. Ils peuvent parfois ne pas contenir de poil à proprement parler (sur le dos, sur les seins…) mais ils sont toujours là. Ces follicules se prolongent dans le coeur du derme où ils sont vascularisés. La connexion avec le réseau sanguin se fait au niveau de la racine du follicule. Une fois de plus, on comprend l’importance de l’alimentation pour la vie de la peau. La santé des cheveux, des ongles et des poils (les phanères) est en lien direct avec les nutriments apportés par le sang.

Les glandes sébacées accrochées aux follicules pileux produisent du sébum sous l’action des hormones. Le sébum est une substance grasse qui s’écoule le long du follicule et se déverse à la surface de la peau, tout au dessus

de l’épiderme. Le sébum est composé d’acides gras libres, de glycérides oléiques qui lui confèrent sa fluidité, de cires et d’esters supérieurs, de squalène et de cholestérol. Le sébum est donc la phase huileuse du film hydrolipidique (voir plus loin).

Lorsque les glandes sébacées produisent trop de sébum, on parle d’hyperséborrhée. C’est ce qui se passe notamment en cas d’acné. Dans ce cas précis, le follicule pilo-sébacé peut se boucher et provoquer l’apparition de boutons. Notons que la plupart des humains ont une peau

de type mixte ou grasse, mais tout le monde ne souffre pas d’acné. La peau mixte produit plus de sébum sur la zone médiane du visage que sur les joues et les côtés. La peau grasse se caractérise quant à elle par des pores dilatés sur tout le visage et une production importante de sébum sur

l’ensemble de la figure. Ces deux types de peau ne seront sujets aux boutons que si plusieurs facteurs se combinent : une hyperproduction de sébum, la présence de bactéries, une production trop importante de kératine qui bouche les pores puis l’éclatement du follicule pilo-sébacé et

l’inflammation.

Les pores des canaux sudoripares mènent quant à eux jusqu’à la glande sudoripare qui sécrète la sueur. La sueur sécrétée au niveau des poils est jaunâtre et dégage une légère odeur car elle est plus grasse et plus riche en

débris cellulaires. En outre, cette sueur sert de nourriture aux microorganismes présents à la surface de la peau. C’est ce qui explique pourquoi on peut parfois être gêné par l’odeur de nos aisselles.

À retenir

La peau est parsemée de pores qui excrètent de la sueur ou du sébum.

Le sébum s’écoule par les follicules pilo-sébacés qui se trouvent sur tout le corps sauf sur les paumes. C’est une substance grasse.

Les boutons apparaissent quand un follicule pilo-sébacé se bouche et s’enflamme. On ne parle d’acné que dans des cas particuliers.

La sueur qui s’écoule par les pores a un pH légèrement acide et est une substance aqueuse.

Sébum et sueur forment le film hydrolipidique qui recouvre la peau et la protège. Il ne faut pas que les cosmétiques mettent à mal ou désagrègent ce film trop durablement.

Le pH de la peau est acide et il faut le respecter. Les détergents trop alcalins (savons) ne sont donc pas recommandés.

Quel est votre type de peau ?

La notion de type de peau a en vérité beaucoup moins d’importance qu’on ne le pense. La segmentation par types de peau est d’ailleurs une des armes majeures du « brainwashing cosmétique » décrit plus haut car elle nous fait consommer plus.

La grande majorité des humains ont la peau mixte ou grasse. La peau réellement sèche est très rare. En revanche, au type de peau s’ajoutent la sensibilité et le taux d’hydratation de la peau. On peut ainsi avoir la peau grasse, mais inconfortable ou irritée parce que déshydratée et sensible.

Vous avez la peau grasse si vos pores sont visibles sur tout le visage, si au toucher la peau est huileuse, si la peau est épaisse lorsque vous la pincez, et si elle est relativement ferme et élastique.

Vérifiez aussi si vous brillez rapidement à cause du sébum après vous être nettoyé le visage sans rien avoir appliqué sur la peau.

Vous avez la peau sèche si le grain de votre peau est fin, si au toucher votre peau est rugueuse, si elle se plisse comme du papier à cigarette lorsque vous la pincez, et si elle est très inconfortable après la toilette.

Vous vous reconnaissez un peu dans les deux profils décrits ?

C’est normal, vous avez la peau mixte comme la plupart d’entre nous.

En vérité, chaque peau est unique. Mais pas de panique, toutes les peaux ont les mêmes besoins : nettoyage, hydratation et protection. C’est dans le choix des produits utilisés que l’on adapte ses soins à son type de peau.

On opte tout simplement pour ce qui nous apporte le plus de confort. Des textures fraîches et légères pour les soins de la peau à tendance grasse, et des soins plus riches pour les autres. C’est aussi simple que cela et tout débat sur la question est bien souvent stérile.

Ne vous souciez plus trop de votre type de peau. Posez-vous seulement 3 questions essentielles lors de vos soins :

  1. Ma peau est-elle sensible ou résiste-t-elle à presque tout type de

stimulus ? Si elle est sensible, il faut choisir des produits doux et peu actifs et opter pour des soins protecteurs.

  1. Ma peau est-elle confortable et donc bien hydratée ? Si elle est déshydratée, elle tiraille et le teint est terne. Il faut alors adapter son régime alimentaire, boire plus et nourrir la peau avec des acides gras.
  2. Ma peau est-elle malade ? En cas d’acné avérée, d’eczéma ou autres dermatoses, il faut consulter un spécialiste et opter pour un traitement sur mesure.

 

 

CHAPITRE 1 : LES COSMÉTIQUES, ENTRE ATTIRANCE ET MÉFIANCE

Cette première partie va vous dévoiler la vérité sur ce qu’est votre peau, ce dont elle a réellement besoin pour rester en bonne santé, et ce qu’on y applique actuellement en pensant bien faire.

Dans le chapitre 1, nous tenterons de comprendre la peau en tant qu’organe et de découvrir son fonctionnement. Identifier les besoins primaires de la peau est important pour pouvoir en prendre soin correctement.

Pour cela, nous verrons dans le chapitre 2 que les cosmétiques ne sont pas toujours ceux que l’on croit. En étudiant les formules cosmétiques, il est possible de faire le tri entre les produits potentiellement toxiques,

ceux qui polluent, et ceux qui nous apportent réellement une valeur ajoutée.

Nous terminerons cette partie par une invitation à consommer la beauté d’une façon plus mesurée, plus douce, mais sans faire l’impasse sur l’efficacité ou le plaisir. L e chapitre 3 définit ce qu’est la slow cosmétique et vous invite à l’adopter pour le plus grand bien de votre peau et de la planète.